
C’est une curiosité qui nous vient du froid en ce mois de février. Après avoir conquis les librairies avec sa série de livres jeunesse, l’autrice Camilla Läckberg voit son petit héros en couches-culottes débarquer sur grand écran. Réalisé par Jon Holmberg, Super Charlie tente le pari de l’action-comédie familiale en image de synthèse. Mais ce bébé a-t-il suffisamment de coffre pour rivaliser avec les superproductions américaines ?

Will âgé de 10 ans, a toujours rêvé de devenir un super-héros et de lutter contre le crime aux côtés de son père, policier. Mais, son rêve est brutalement remis en cause à la naissance de son petit frère Charlie. Non seulement ce nourrisson attire toute l’attention de la famille et au-delà, mais Will découvre que Charlie a des super-pouvoirs … Lorsqu’un super-vilain et un scientifique dérangé mettent en œuvre un plan diabolique, Charlie, coaché par son grand frère, va alors endosser le costume de super-héros pour sauver le monde !… Y parviendront-ils ?
Là où le film marque des points, c’est dans sa gestion de la dynamique fraternelle. Le scénario joue habilement sur la jalousie de Willie face à ce « monstre » d’attention qu’est le nouveau-né. C’est un thème universel traité ici avec humour, le bébé Charlie étant présenté non pas comme un chérubin innocent, mais comme un petit être malin et parfois arrogant, ce qui crée un décalage comique efficace. L’antagoniste, le mal nommé Inferio, remplit son office de méchant de dessin animé classique, bien que ses motivations restent assez sommaires, servant surtout de prétexte à l’union des deux frères.
Cependant, Super Charlie souffre de la comparaison assez évidente avec Les Indestructibles (2004) qui présente également un bébé avec des pouvoirs, mais aussi d’une écriture un peu mince. Une fois la surprise des pouvoirs passée, l’intrigue déroule un fil assez prévisible. Les adultes risquent de trouver le temps un peu long lors de certains passages obligés du « film de super-héros », là où le rythme effréné comblera l’attention des enfants. On sent que le film hésite parfois entre la parodie de genre et le film d’aventure premier degré, sans toujours trouver l’équilibre parfait.

Visuellement, le film produit par Nordisk Film s’en sort avec les honneurs. Si l’animation n’atteint pas la complexité technique des derniers Pixar ou DreamWorks, elle propose une direction artistique colorée et dynamique qui sied parfaitement au ton léger du récit. Le design des personnages, fidèle aux illustrations de Millis Sarri, conserve cette rondeur rassurante propre aux livres pour enfants. L’animation des scènes d’action, notamment lorsque Charlie découvre ses pouvoirs (vol, force surhumaine), offre quelques moments de bravoure assez jouissifs qui raviront les plus jeunes spectateurs.
Malgré ses quelques faiblesses scénaristiques, l’ensemble reste un divertissement familial honnête et chaleureux. C’est une « origin story » (oui, on peut s’attendre à une suite) sympathique qui a le mérite de ne pas se prendre trop au sérieux et de proposer une alternative européenne aux blockbusters habituels. Et vu la période actuelle ce n’est pas un mal.
CaptainSmoke lui attribue la note de :
En bref
Super Charlie est une adaptation fidèle et énergique de l’œuvre de Läckberg. Sans révolutionner le genre, il offre une aventure familiale divertissante, portée par un duo de frères attachant et quelques gags visuels bien sentis. Idéal pour une sortie cinéma avec les plus jeunes pendant les vacances d’hiver.
