
Avec La Quête d’Ewilan, le studio Andarta Pictures entreprend de donner corps au monde de Pierre Bottero dans une série d’animation réalisée à six mains par Ève Ceccarelli-Moing, Fabien Daphy et Justine Mettler. Après l’annonce du projet et un premier teaser, le studio a lancé une campagne participative qui a permis de récolter plus de 200.000€ sur les 40.000€ initialement demandés. Cela ne suffisant pas pour ce projet d’envergure, la société Ankama (les jeux-vidéos Dofus et Wakfu) est entrée au capital du studio pour produire cette co-création. Une bonne chose, vu l’expérience dans le monde de l’animation de la société basée à Roubaix (les séries TV Wakfu, Kerubim et les deux longs métrages Dofus et Princesse Dragon). Cette collaboration a certainement permis à la série d’être diffusée sur les chaines du groupe France Télévision via le programme jeunesse Okoo.

La vie de Camille, orpheline de 13 ans, bascule le jour où elle est projetée par accident dans le monde de Gwendalavir. Elle découvre une terre peuplée de créatures aussi extraordinaires que dangereuses, qu’elle va devoir explorer, accompagnée de son ami Salim, pour découvrir non seulement son véritable nom, Ewilan, mais aussi la vérité sur ses racines et sa destinée. Originaire en réalité de ce monde parallèle, elle est l’héritière d’un don prodigieux, le Dessin, qui s’avère être une arme décisive dans la lutte de son peuple contre les terribles Ts’liches. Elle seule semble pouvoir libérer les Sentinelles capables de protéger Gwendalavir de leurs ennemis.
La Quête d’Ewilan assume pleinement son rôle de porte d’entrée vers l’univers de Pierre Bottero, et ça se sent dès les premières minutes. Le scénario colle au plus près des romans, avec une Camille surdouée et son ami Salim qui plongent dans Gwendalavir pour un voyage initiatique bien ficelé. L’écriture mise sur la clarté et l’humour bon enfant, parfaitement calibré pour un public préados/ados qui découvre le Dessin et ses enjeux sans se perdre dans les détails. C’est rythmé, attachant, et ça donne envie de plonger dans les bouquins une fois les crédits passés. Les plus fidèles de l’auteur pourront peut-être regretter l’absence d’un ton plus « mature », mais cela ne m’a personnellement pas dérangé. Les personnages sont bien différents les uns des autres ce qui permet au fur et à mesure de les voir évoluer de manière assez riche.

Côté animation, le studio Andarta Pictures livre un boulot solide et lisible, avec un character design expressif qui rend les persos immédiatement attachants. Les décors de Gwendalavir respirent l’imaginaire, même si les mouvements restent un poil rigides. Espérons que l’équipe aura le temps et le budget nécessaires pour polir le projet dans le futur. La bande originale est efficace, et le doublage (de qualité) des rôles principaux porte le tout avec conviction, donnant vie à cette troupe de héros en herbe. De manière plus globale, c’est une très jolie série animée, même si on peut aisément constater que la petite équipe a souffert d’un manque de budget pour coller à leur ambition initiale.
La série s’avère être un petit bijou à découvrir en famille, véritable récit d’aventure qui ne demande qu’à perdurer et monter en puissance sur les prochaines saisons, à la manière d’un Avatar : le dernier Maître de l’Air (2005).
CaptainSmoke lui attribue la note de :
En bref
Cette première saison très réussie de La Quête d’Ewilan nous plonge dans une histoire riche et captivante, pour petits et grands.
