[Critique Film] – Le Dernier Voyage

Le Dernier Voyage

Premier long métrage de fiction pour Romain Quirot après quelques documentaires et un court métrage nommé « Le Dernier Voyage de Paul W.R.« , Le Dernier Voyage se présente comme la version longue et plus aboutie de ce récit qui avait fait connaitre le réalisateur dans divers festivals. Le film est une des sorties phares de la réouverture des salles ce 19 mai.

Le Dernier Voyage

« Dans un futur proche, une mystérieuse lune rouge est exploitée à outrance pour son énergie. Alors qu’elle change brusquement de trajectoire et fonce droit sur la Terre, Paul W.R, le seul astronaute capable de la détruire, refuse d’accomplir cette mission et disparaît. Traqué sans relâche, Paul croise la route d’Elma, une adolescente au tempérament explosif qui va l’accompagner dans sa fuite »

Je ne vais pas vous mentir, j’attendais beaucoup de ce film. Quitte à soutenir le cinéma ce 19 mai, autant le faire en allant voir un film de SF français ! J’ai tout de suite accroché à ce qu’on m’a présenté. Le film prend son temps, il distille les infos au compte goutte, narrant l’histoire de Paul W.R. à travers son présent mais surtout son passé. Mais que serait Paul sans sa famille, avec ses moments de drames et de joies dont le héros va se rappeler au fur et à mesure de sa quête ? Que serait Paul sans les rencontres saugrenues qu’il va faire dans sa fuite ?

Si ce drame intime et intelligent est un parfait exemple du genre « la petite histoire dans la grande », il n’est malheureusement pas dénué de défauts. A force de vouloir tout développer au compte goutte, le scénario manque de profondeur. Ainsi la quête de Paul ainsi que sa fuite s’avèrent au final plutôt molles quand apparaît le générique et que les lumières se rallument. Peut-être qu’un monde un peu plus développé (politiquement par exemple) aurait donné du corps à l’histoire. Peut-être que développer davantage le personnage d’Eliott nous aurait fait l’apprécier (avant de le détester), tout comme Paul apprécie son frère. Le côté écologie est bien pensé, mais en oubliant de l’utiliser avec subtilité.

Le Dernier Voyage

C’est davantage sur son esthétique très SF des années 80 que Le Dernier Voyage parvient à convaincre (les costumes sont très chouettes notamment). Prenant son inspiration sur des productions diverses allant des romans aux films américains en passant par le jeu vidéo, Romain Quirot réussi son coup en mettant en place une atmosphère de fin du monde convaincante. Côté casting c’est plutôt propre d’autant que personne n’est une tête d’affiche ici, sauf Jean Reno qui vient prendre son chèque (mais au moins il soutient le projet) ou Philippe Katerine qui clairement s’est filmé avec sa webcam Logitech sur un fond vert pendant le confinement. Quand je dis plutôt propre, c’est dans l’ensemble, parce qu’individuellement c’est surtout Paul Hamy qui crève l’écran en antagoniste flippant, et on ne vous le dira jamais assez, les bons méchants c’est vachement important. La bande originale est également réussie, mêlant thèmes SF et chansons françaises. C’est étonnant, mais ça marche !

Une certitude, Romain Quirot a mis beaucoup d’amour dans son film et je lui souhaite de mener à bien encore de nombreux voyages…

CaptainSmoke lui attribue la note de
6.5/10

En bref

Peut-être le film français le plus ambitieux de l’année, Le Dernier Voyage se révèle comme un très bon premier film à l’esthétique soignée, mais au scénario un peu creux.

CaptainSmoke

Fondateur de DansTonCinéma.fr, cinéphile et sériephile, j'aime découvrir des perles inconnues dans le cinéma traditionnel comme dans l'animation.

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