[Critique Film] – Tracks

Tracks

Pourquoi maintenant ? C’est la question que l’on pourrait se poser à la vue de la sortie cette semaine en France de Tracks, un film de John Curran qui date en fait de 2013. Adapté de l’histoire vraie de Robyn Davidson, le film nous raconte la traversée du désert australien d’une jeune baroudeuse (et ses chameaux) dans les années 70.

Tracks

A la manière de l’excellent Into The Wild de Sean Penn il y a quelques années, Tracks souhaite nous inviter à un voyage initiatique, la quête d’une jeune femme de bonne famille (Mia Wasikowska) qui souhaite se retrouver en harmonie avec la nature, et se retrouver seule avec elle-même. Seulement voilà, ne pouvant s’offrir ce luxe, elle doit faire quelques concessions : se trouver des chameaux pour transporter tout son matériel, devoir se fader la présence ponctuelle d’un photographe de National Geographic (Adam Driver) qui lui a trouvé un financement, ou demander de l’aide d’aborigènes pour pouvoir traverser des territoires sacrés.

Une chose est sûre, mis à part le contexte, les ressemblances avec Into The Wild s’arrêtent là. On a droit ici à un personnage peu sympathique qui s’entête à repousser chaque tentative d’un être humain à l’aider, et entraîne des animaux avec elle dans sa quête égoïste. D’ailleurs, difficile de voir un semblant d’amour entre le personnage et ses chameaux, qu’elle va même aller jusqu’à punir. De même, chaque autre animal qui l’approchera de prêt ou de loin sera déjà mort, ou tué par la jeune femme elle-même.

De plus, ce qui aurait pu être intéressant à savoir les pensées profondes de la jeune femme évoluant seule dans le désert, a été complètement mis de côté. Vous n’aurez rien, ce qui n’invite pas spécialement à se passionner ou à s’identifier à ce que l’on nous montre.

Finalement (et à la manière d’un Into The Wild encore une fois), les photos du générique de fin sont le seul moment où l’on perçoit l’impact du voyage sur Robyn Davidson.

Avec tout ça, le film s’avère être plutôt longuet (1h52). Le sentiment de solitude n’est pas fidèlement retranscrit puisque les passages montrant la jeune femme seule dans le désert sont sans cesses entrecoupés avec des plans la montrant avec le photographe, des aborigènes, des touristes ou des flashbacks avec sa famille.

Tracks

Reste le format 35mm qui nous offre quelques (rares) beaux plans sur le désert australien, mais là encore ce n’est pas transcendant, de même pour la bande originale.

Difficile de savoir ce que John Curran a voulu nous montrer avec Tracks. J’en sors avec un sentiment extrêmement mitigé, non pas que c’est un mauvais film loin de là, mais plutôt que je n’ai pas réussi à aimer ce que j’ai vu de cette adaptation (je n’ai pas lu le livre, peut-être que cette aventure y est décrite différemment).

5/10

En bref

Tracks passe complètement à côté de son propos, et ne nous fait ni aimer le personnage principal ni sa quête égoïste et vide de sens.

CaptainSmoke

Fondateur de DansTonCinéma.fr, cinéphile et sériephile, j'aime découvrir des perles inconnues dans le cinéma traditionnel comme dans l'animation.

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