[Critique Film] – Du Miel plein la tête

 

Du Miel Plein la Tête

Réalisé par Til Schweiger (vu dans Inglorious Basterds), Du Miel Plein la Tête est l’auto-remake du film Honig im Kopf qui avait été un vrai succès en Allemagne en 2014 (plus de 7 millions de spectateurs). En refaisant son film avec des acteurs américains (Nick Nolte, Matt Dillon, Emily Mortimer), le cinéaste souhaitait conquérir un public plus large autour d’un sujet difficile : la maladie d’Alzheimer. Et l’émotion est au rendez-vous.

Du Miel Plein la Tête

« Nick et Sarah élèvent leur fille de 10 ans, Tilda, dans les environs de Londres. Malgré leurs problèmes de couple, Amadeus  père de Nick, s’installe chez eux à contrecœur. En effet, atteint de la maladie d’Alzheimer et veuf depuis peu de temps, il est désormais incapable de vivre seul. »

Du Miel plein la tête parle d’une thématique bien connue du réalisateur, puisque son grand-père était lui aussi atteint d’Alzheimer. Le film ne montre pas seulement un homme vivant avec sa maladie mais aussi les réactions, toutes différentes, de ses proches. En décidant d’accueillir Amadeus chez elle, c’est toute la famille qui est affectée. Même s’il se fait didactique, ce long-métrage n’est pas un documentaire sur la maladie d’Alzheimer, car il s’articule, de manière positive, autour de sujets universels tels que l’amour et l’amitié. D’ailleurs, il n’y a aucune scène où on le voit passer des examens médicaux ou prendre des médicaments. En revanche, il y a de nombreux moments d’émotions ponctués par des instants plus drôles et loufoques, peut-être un peu trop exagérés, qui nous font sourire sans pour autant oublier que la maladie est la seule responsable.

Ce film fonctionne grâce au duo grand-père/petite-fille. Malgré son jeune âge, la fillette, pleine de douceur, essaye d’aider son grand-père au maximum et est la seule à vouloir l’accompagner dans ce monde imaginaire. Elle ne l’abandonne jamais et donne une certaine leçon aux adultes qui perdent rapidement patience face aux débordements du vieil homme. Il ne refuse presque jamais son aide, contrairement à celle son fils et de sa belle-fille. Cette complicité à l’écran s’explique sans doute par le lien familial qui les unit, puisque c’est Sophia Lane Nolte, la fille de Nick Nolte qui incarne la petite Tilda.

Du Miel Plein la Tête

Nick Nolte joue remarquablement bien : regards dans le vide, mains qui tremblent, difficultés à trouver ses mots : on en vient même à se demander si l’acteur n’est pas lui-même touché par la maladie tant sa prestation est bluffante. La jeune Sophia Lane Nolte est tout aussi stupéfiante. Elle dit s’être inspirée du film original allemand pour incarner son personnage tout en apportant sa propre touche, notamment dans la façon de parler. Les deux acteurs rendent ce film vrai : on pleure et on rit avec eux. La maturité de la jeune actrice vient compenser la perte de repères de l’adulte.

Enfin, l’image photographique est réussie avec un cadrage qui donne des plans aussi doux que lumineux. Le tout est calqué sur une bande-originale appréciable accompagnant les personnages dans leurs aventures.

PaulineG lui attribue la note de :
7.5/10

En bref

Malgré quelques longueurs, Du Miel Plein la Tête a cette capacité à vous émouvoir sans pour autant être un tire-larmes. Porté par un duo impressionnant, c’est aussi un regard nouveau sur la maladie qui est mis en avant : celui d’un enfant.

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