[Critique Film] – Les Figures de l’Ombre

Les figures de l'ombre

Le récit des Figures de l’ombre prend place dans l’Amérique du début des années 60 alors en pleine guerre froide (ici évoquée sur fond de conquête spatiale), mais aussi en plein climat de ségrégation raciale. Un sujet fort, toujours important à aborder, et plutôt bien traité, mais qui aurait sans doute gagné à ne pas suivre d’une façon aussi lénifiante les grands principes du film à Oscar.

Les figures de l'ombre

En effet, de nombreux éléments font de cette réalisation de Theodore Melfi un objet cinématographique clairement destiné aux récompenses : le fameux « Inspiré de faits réels » d’abord, bien précisé au début et à la fin du film, comme si le réalisateur avouait que sa création en tant que telle ne parvenait pas à délivrer le message et les émotions qu’il souhaitait faire passer et qu’il faille nécessairement rappeler au spectateur l’importance de son adhésion ou du moins, son implication. Mais aussi l’utilisation de la musique cherchant régulièrement à appuyer les émotions pendant des scènes qui misent déjà sur de l’émotion facile et qui en deviennent d’autant plus aseptisées (demande en mariage, discussion d’une mère avec ses enfants où celle-ci évoque directement leur père décédé sans laisser la moindre place à la suggestion pour le spectateur…). Ou bien encore la fausse frayeur de l’épilogue cherchant à offrir du suspense sans vraiment convaincre (surtout pour les spectateurs connaissant déjà les grandes lignes de l’histoire spatiale Américaine).

Trois femmes

Les figures de l’ombre ne manque pourtant pas de qualités. On pense par exemple à son trio d’actrices convaincantes qui parviennent à faire ressortir la détermination de leurs personnages, leur volonté de faire valoir leurs compétences dans une société discriminatoire. Même si l’ensemble reste cousu de fil blanc, on suit avec intérêt le parcours de ces trois femmes et leur intégration lente et difficile due aux obstacles injustes se dressant devant elles.

les figures de l'ombre

L’évocation intéressante de la course à l’espace ainsi que du contexte historique donne également un certain souffle au récit, parvenant à relancer le film aux moments où ce dernier en a le plus besoin. Enfin, les touches d’humour, sans être mémorables, empêchent Les figures de l’ombre de tomber dans le mélo.

Au final, on ne passe pas un mauvais moment devant Les figures de l’ombre mais on ne pourra que regretter l’absence totale de prise de risques et l’aseptisation finale qui s’en dégage.

Slowvlaki lui attribue la note de :
6/10

En bref

Les figures de l’ombre agace de par son aspect lisse et académique. Le film se rattrape heureusement grâce son évocation efficace des années 60 et son trio d’actrices convaincantes.

Slowvlaki

Slowvlaki

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