[Critique Film] – Tenzo

 

Tenzo

Chiken et Ryugyo sont deux moines bouddhistes (tout comme les acteurs amateurs interprétant leurs rôles) qui se sont connus au cours de leur formation. Le premier s’investit également dans des causes sociales telles que la prévention du suicide et dans la promotion d’une alimentation saine, son propre fils souffrant de nombreuses intolérances. Le second a vu son temple être détruit par l’accident nucléaire de Fukushima, et n’est donc plus en mesure de proposer son enseignement à ses disciples. Il aide en attendant les anciens habitants à se reloger dans des appartements préfabriqués.

Tenzo

Un bouddhisme entre fiction et réalité

Le réalisateur de Tenzo, Katsuya TOMITA, remarqué en 2011 pour Saudade, utilise ce point de départ pour évoquer la situation de crise sociale au Japon. A mi-chemin entre fiction et documentaire, le film propose un rapide aperçu du Japon contemporain et le rôle du sacré en temps de crise. Malheureusement, on peine à saisir le message et le sens de Tenzo, tant celui-ci ne semble vouloir assumer ni son aspect documentaire ni son aspect fiction, donnant un aspect global pour le moins confus. Certains passages suscitent cependant l’intérêt, comme cette conversation d’un moine avec une nonne racontant son parcours spirituel. D’autres scènes à forte portée onirique ou évoquant l’éveil spirituel viennent également donner un second souffle au film. Mais force est de remarquer que l’absence de réel fil narratif et de structure documentaire pourra rebuter plus d’un spectateur.

Tenzo

Recueil sur les tombes des victimes de Fukushima

Ainsi, on aurait aimé que Tenzo traite avec bien plus de profondeur certains thèmes tels que les conséquences sociales de l’occidentalisation du Japon, ou encore donne des éléments de réponse au nombre exorbitant de suicides frappant le pays, s’élevant à plus de 30 000 par an (perte de repères, pression sociale trop importante… ?). Mais le film demeure bien trop maigre en termes de propos, et si sa très faible durée (à peine plus d’une heure) permet au spectateur de ne pas vraiment avoir le temps de s’ennuyer, il sera facile de ressortir confus du visionnage de Tenzo, à moins d’être suffisamment sensible à sa portée spirituelle.

Slowvlaki lui attribue la note de :
5/10

En bref

En restant trop à mi-chemin entre fiction et documentaire et en l’absence de réel fil narratif, Tenzo peine à captiver en dépit de son sujet de départ intéressant. On aurait préféré un documentaire assumé offrant de réels enseignements ou bien une fiction proposant un réel scénario.

Slowvlaki

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