[Critique Film] – Believer

Believer

Un policier s’allie à un membre d’un cartel de drogue pour essayer de faire tomber son meneur, Monsieur Lee, qu’il traque depuis des années. Si la mission s’annonce compliquée, elle le devient encore plus quand il est évident que personne ne sait qui est ce fameux Monsieur Lee. La chasse à l’homme devient un jeu de piste dans lequel tout le monde est suspect.

Comme un petit air de David Fincher

Remake de Drug War de Johnnie To, Believer est un film froid à l’atmosphère clinique qui n’est pas sans rappeler David Fincher. Son réalisateur, Lee Hae-young, maîtrise clairement sa caméra et sait instaurer une ambiance de suspicion malsaine qui rappelle les paysages glacials de The Girl With the Dragon Tattoo. 

Le film s’ouvre sur des grandes étendues de neige auxquelles on ne reviendra qu’à la fin et préfère à la mélancolie de ses quelques plans la violence et la réjouissance de la poursuite : le policier (joué par un très bon Cho Jin-woong) est amené à usurper l’identité de non pas un mais deux hommes pour pouvoir infiltrer le réseau. L’acteur, à l’image du reste du casting à qui sont proposés un certain nombre de rôles tordus tout au long du film, le joue avec un plaisir évident. Le tout permet de faire ressortir des personnages emblématiques grâce à des seconds rôles aux gueules marquantes et aux performances loufoques. Au milieu de tout ça, Ryu Jun-yeol, qui joue le jeune allié du policier, utilise à son maximum son physique glacial si particulier. Il est d’une contenance admirable, et sa performance toute en retenue le fait sortir du lot de la meilleure des manières. 

Believer

Cho Jin-woong et Ryu Jun-yeol

Un film trop maîtrisé ?

Un film très bien joué, donc, et très bien réalisé. Pourtant, cet énorme succès au box office en Corée n’est pas la claque escomptée. Il ne s’agit pas de dire qu’on s’ennuie devant, même pas : simplement, le côté trop stéréotypé des personnages ne permet pas de s’attacher réellement à eux. L’action suit son cours, il est même facile d’accepter les retournements de situation les plus improbables, mais tout glisse sur nous car le film ne nous donne jamais les moyens émotionnels de nous investir pleinement non pas dans son intrigue mais dans ses personnages. Or, Believer est basé précisément sur ses protagonistes et leurs relations : à partir du moment où le film échoue à ce niveau-là, il échoue tout court. 

Believer

Ryu Jun-yeol

 

Ne reste au final que la sensation d’avoir vu un objet bien fait mais un peu fade, un peu comme une occasion manquée qui nous laisse un petit goût de regret. Believer est un film de bonne manufacture, une oeuvre correcte qui aurait pu être un peu plus que ça. 

SophieM lui attribue la note de :
5/10

En bref

Film complètement maîtrisé qui bénéficie d’un casting impeccable, Believer ne parvient pourtant pas à passionner, ni même à vraiment convaincre.

SophieM

24 ans. Féministe queer, libraire de métier et cinéphile de formation. Autrice en devenir. Je vis pour le fromage.

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