[Critique Série] – Man Seeking Woman

Man Seeking Woman

Man Seeking Woman

FX et sa filiale FXX se sont spécialisés depuis quelques années dans les sitcoms décalées : It’s Always Sunny in Philadelphia, Archer, Louie ou encore You’re the Worst l’année dernière. Mais cette année, avec Man Seeking Woman, on a eu droit à du grand n’importe quoi jouissif qui fait plaisir à voir et qui est déjà devenu un petit phénomène chez les connaisseurs.

Et ce n’est pas étonnant, vu que FX s’est construit depuis quelques années une belle petite réputation, que ce soit au niveau de ses drames mais aussi de ses comédies. Alors parfois ça ne marche pas, comme Married l’été dernier, et Man Seeking Woman pouvait faire peur au vu de son pitch – encore une série sur la recherche de l’amour, et de son affiche – celle au-dessus – qui laissait perplexe. Mais Simon Rich, le créateur et auteur d’un film sur le même thème (Last Girlfriend on Earth), vient du SNL, un show où les sketchs peuvent partir très loin. Et il le met en application ici.

Man Seeking Woman commence fort. Imaginez une série qui commence par un rendez-vous avec un troll, suivi par une soirée chez l’ex de notre malheureux héros où son petit ami n’est autre… qu’Adolf Hitler. Vous pensez que ça fait beaucoup ? Vous n’avez pas tort. Mais ça marche, et ça c’est fort. La série ne s’interdit rien, mais le fait toujours avec intelligence, et parfois plus subtilement qu’on pourrait le penser – je pense notamment à l’épisode Woman Seeking Man, très fin, ou encore à la toute fin. La série est bourrée de références, les situations sont diverses, allant de l’hommage à la SF – oui je parle de toi Saul – au films d’horreur – l’épisode 4 – jusqu’au Japon – avec Tanaka.

Man Seeking Woman

On se demande à quoi sert cette main…

Chaque épisode de Man Seeking Woman suit globalement la même structure, avec une introduction bien barrée et deux situations majeures qui rythment l’épisode. Quand ces dernières sont moins marquantes – je pense notamment à l’épisode 7, on peut s’ennuyer ; mais généralement la série touche juste. Car plus que le rire, on s’attache aussi beaucoup au personnage joué par Jay Baruchel : Josh n’arrive pas à enterrer sa relation et il la traîne comme un boulet durant toute cette saison. Et la série nous fait voir ce parcours chaotique de son point de vue, ce qui explique ces exagérations de mise en scène. Josh voit Hitler dans le premier épisode, car il symbolise sa haine du nouveau petit ami de son ex ; l’envoi du SMS qui parodie Battlestar Galactica montre la difficulté pour Josh de faire le premier pas. Il est perdu et ne sait pas comment faire face.

Côté technique, on est plutôt dans le haut du panier des sitcoms. Le délire visuel est bien représenté à l’écran et la série ne recule devant aucun effet pour appuyer son propos. Néanmoins, on peut regretter la restriction des décors – pas beaucoup de séquences en extérieur notamment, même si ce n’est pas un énorme défaut. Les acteurs font très bien leur travail, de Baruchel à Britt Lower qui a droit à un épisode centrée sur elle – le fameux Woman Seeking Man cité plus haut ; quant aux guests, ils ne sont pas en reste, notamment Michael Hogan qui est parfait en réminiscence du Saul de BSG.

Man Seeking Woman

Pince-tétons

Si les thématiques sont assez limitées, le format court de cette saison – dix épisodes – permet de ne pas se lasser. Je recommande chaudement Man Seeking Woman, surtout si vous êtes fan d’absurde et d’humour visuel. Le pilote fera office de crash-test, mais si vous passez l’obstacle, sachez que l’épisode 4 est mythique. Vous voilà prévenus.

PFloyd lui attribue la note de
8/10

En bref

Man Seeking Woman est la surprise rafraîchissante de ce début d’année. Elle n’est pas parfaite, mais frise le génie parfois. Une série bruyante et turbulente, mais foutrement attachante. Une réussite.

PFloyd

Stanley Kubrick, Akira Kurosawa et David Simon sont mes Dieux, mais je prends toujours du plaisir à voir un film ou une série, à condition que ce soit bien et bon. Sinon, gare au retour de bâton.

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